le retable d’Issenheim

Lors de notre visite au couvent des Antonins à Issenheim, Sœur Monique partage avec notre groupe, d’une façon vivante et pertinente, des anecdotes sur ces lieux.
Cela permet de mieux situer le magnifique et célèbre retable d’Issenheim exposé à Colmar avec ses couleurs vibrantes.

L’HISTOIRE
Au moyen âge, une affection inconnue (*) se répand parmi les pauvres paysans. Ceux-ci souffrent atrocement d’une maladie qui les brûlent intérieurement alors qu’ils se sentent glacés à l’extérieur. Ils sont là sans aide, sans médicament, sans hôpital pour cette époque.
Avec des lésions irrémédiables, des muscles qui se raidissent, leurs membres se gangrènent. Couverts de plaies purulentes et nauséabondes, les malades sont dans un état hallucinatoire proche de la démence.
L’aide leur est apportée par des Antonins. Il s’agit d’un ordre “mendiant” qui a pour vocation de soigner les malades. Ces chanoines trouvent un lieu à Issenheim pour rassembler ces malades.

Les soins apportés par les Antonins sont :
– l’hygiène, la nourriture, la chirurgie (amputation des membres atteints).
– le saint vinage (Infusion des reliques de Saint Antoine dans du vin. Il est donné aux malades le lendemain de leur arrivée. )
Il y a également un baume (**) qui leur est appliqué à base de plantes.

LA COMMANDE D’UN RETABLE A MATHIAS GRÜNEWALD

Dans le but d’apporter plus de paix et d’alléger les souffrances de ces pauvres êtres et également pour remplacer l’ancien décor à l’arrière de l’autel de la chapelle, un grand retable a été commandé par le couvent des Antonins d’Issenheim (Guido Guersi précepteur, serait à l’origine de cette initiative).
Réalisé entre 1512 et 1516 par Mathias Grünewald, le retable d’Issenheim représente entre autre des personnages couverts des plaies, tout comme les malades qui sont amenés devant lui, et d’autres scènes avec le Christ.
Ainsi, à présent, les êtres souffrants sont rassemblés en ces lieux, puis lavés et baignés et conduits devant le retable magnifique et grandiose avec ses couleurs rayonnantes et impressionnantes. Là les chanoines Antonins prient avec eux.
“Tu n’es plus abandonné, le Christ est avec toi”
et ces personnes n’étaient plus seules avec leur douleur….

Mathias Grunewald a représenté sur son rétable, les signes corporels de cette maladie sur ce personnage.

(*)Cette affection se révélera plus tard comme un empoisonnement par l’ergot du seigle céréale que consommaient les pauvres gens pendant les périodes de disette. Cet empoisonnement par un champignon microscopique attaquant la céréale humide causait des douleurs terribles aux malades. On l’appelait alors le mal des ardents ou feu de saint Antoine (ergotisme gangreneux).
(**) les plantes entrant dans la composition des baumes appliqués aux souffrants sont représentées sur le retable.

une partie des plantes composant le baume -cliquez pour les détails

 

 

 

 

 

 

 

En 1831, ce magnifique retable échappe à la destruction presque totale par les flammes de la chapelle du couvent à Issenheim , par un coup du hasard. Il sera finalement transféré à Colmar au musée Unterlinden.

Après la conférence de sœur Monique (merci à elle pour son beau partage), notre groupe se rend sur l’ancien emplacement de la chapelle où se situait, à l’origine, le retable.

Là se trouvent, au sol,
des alignements de pierres indiquant les murs de la chapelle en partie disparue.
Nous y ressentons de fortes vibrations.
Un puits d’origine subsiste juste à côté. Là beaucoup de ressentis aussi.

Lors d’une visite à Colmar, on peut faire l’expérience de se tenir devant le retable et le regarder simplement en silence : à certains endroits dans les tableaux, les couleurs vibrent et laissent de belles impressions.
Ce n’est pas par hasard si les malades et les visiteurs qui contemplent le retable sont touchés de toute époque par cette oeuvre extraordinaire. Si vous allez le voir au musée Unterlinden, faites l’essai de ce ressenti, c’est un acquis bénéfique.

 

 

 

 

 

 

cliquez pour voir la beauté des couleurs et le style aérien

Documentation complémentaire sur les liens :

http://www.histoires-alsace.com/sur-les-traces-des-antonins-et-du-retable-dissenheim/

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